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La guerre et la résilience

Le 16 Mars, lendemain du premier tour des élections municipales qu’i a cru devoir maintenir, le président de la République, prenant la parole pour la seconde fois au sujet du Covid 19 a déclaré la guerre à l’épidémie, avec des accents gaulliens prétendait Sylvain Courage, cire pompe de service à l’hebdomadaire l’Obs (il n’est pas le seul).

Le 25 Mars à Mulhouse, dans son allocution le président en appelle, en plus, à la mobilisation générale et annoncer l’opération “Résilience”, en même temps qu’un plan massif pour l’hôpital (ce dernier fera l’objet d’un prochain billet).

On sait, ou croit savoir, ce que signifie le mot “guerre”. Quant à  “résilience”, il n’en est peut-être pas de même. C’est sans conteste un mot à la mode, employé pour paraître dans le coup, dans le siècle, un peu comme le mot “paradigme”, que l’on accommode à toutes les sauces. Résilience, donc : selon le Trésor de la langue Française TLF), au figuré « Force morale; qualité de quelqu'un qui ne se décourage pas, ne se laisse pas abattre ». Ailleurs, il exprimerait l’état d’une personne traumatisée qui, s’en rendant compte, agit pour s’en extraire, s’en sortir. Comment, alors, s’appliquerait-il à une société, une nation comme la France, par exemple ?

Boris Cyrulnik disait, hier soir, sur BFMTV, qu’il espérait qu’il y aurait une résiliences à la fin de la pandémie Pour ce faire, il indique bien qu’il serait impératif de ne pas recommencer comme avant, ce qui fut hélas le cas à la fin de la crise financière de 2008. Cette fois, il y a morts d’êtres humains en quantité. La même erreur serait suicidaire, cette fois.

Est-ce pour en avoir pris conscience que Macron lance l’opération militaire « Résilience » ? On aimerait le croire, d’autant qu'»il a dit, le 16 Mars :  « Agissons avec force, mais retenons cela : le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. », et aussi : «  Et je saurai avec vous en tirer toutes les conséquences. » Mais alors, préparons le terrain dès maintenant, tout de suite. Je n’ai pas le sentiment  que ce soit le cas, à la lecture de la loi instituant « l’état d’urgence sanitaire ». Comment réaliser une « Union Nationale », quand seulement une partie de cette nation (l'économie, les banques) est protégée, tandis qu’une auytre partie doit tenter avec courage, la crainte au ventre, d’enrayer l’épidémie. C’est cette partie qui prend des risques, par solidarité. Et c’est pourtant à elle qu’on inflige des dérocations au code du travail, entre autres. Alors que penser de ce que sera demain, quand un député propose déjà d’inscrire cette loi d’urgence sanitaire dans la loi ordinaire. Union nationale, dit-on ? Sans acrimonie aucune, je suggère de rester vigilant, car malgré les envolées verbales présidentielles, le monde n’est pas près de changer, même dans la souffrance extrême.

Malgré la proclamation de l’état de guerre, renouvelée le  25 Mars par le président de la République, nous ne sommes pas en guerre, puisque le gouvernement agit selon les mêmes principes « qu’avant », ses décisions le montrent, quand elles préservent toujours les mêmes, au détriment du plus grand nombre. Inutile d’en appeler à une “union nationale” guerrière, de ce fait. C’est de solidarité dont nous avons besoin. Nous en sommes loin, à cause justement de cette calamiteuse gestion de crise par nos gouvernants.

Prenez soin de vous !

C.H

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